piégé

Pour un objet sans aucune sorte d’usage imaginable nous nous pressions à la ronde, accroupis, rampants afin de l’entrevoir. Certains d’entre nous avaient l’art d’en faire une histoire et il était plaisant la première fois de les voir occuper un trône sur la place et de poursuivre seuls ou pas, ça ne faisait rien. Ce n’était pas de l’art, c’était sans origine, mi déchet, mi trésor, un caillou blanc manquant. Étrange fantôme de traîne grise que nous agrippions quand la lune était blanche, et quand à tâtons nous cherchions l’interrupteur électrique de la pièce ou dormait un albinos. Nous sommes décidément des drôles de nomades mal attachés. Comment se représenter une forme transparente ? Fantômes, bric à brac fécond à piéger les propriétés de la matière du miroir qui n’en retient pas l’image, nous l’habillons de blanc. Remissionnés sur une mine d’or désaffectée, réduits à attendre, être mangé ou, être longuement enfanté dans leur gueule. Sans le savoir heureusement nous fabriquions des exorcismes, des exercices à rêver : regarder, allongés sur la terrasse nocturne les feux des avions – s’approcher des animaux sauvages en fredonnant – avancer dans la mer qui se retire. Ou être réveillé par le soleil quelques heures après s’être endormi penché sur les phalènes de Kouyaté-Neerman.

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