miroir brisé au poker

« c’est alors que j’ai compris le principe de base de toute la langue du IIIème Reich : la mauvaise conscience ; son triple accord : se défendre, se vanter, s’accuser – jamais la moindre déclaration paisible ». Victor Klemperer (Je veux témoigner jusqu’au bout – Journal 1942 – 1945)

 « Ils n’ont aucun sens de leur propre comique. […] leur comique à eux, c’est la bassesse contre ceux qui sont sans défense ». (Victor Klemperer, Mes soldats de papier. Journal 1933 – 1941, 1er mars 1938)

35 leaders surveillés par la NSA, et, selon le rapport du Signals Intelligence Directorate (bureau chargé du renseignement d’origine électromagnétique) – « rien d’intéressant ». Les leaders sont scandalisés et comment! Vassaux mis à nu, confondus, il faut pendre Snowden ! les leaders se redealent, se floutent, se reprofilent, lissent leurs apparences, la fourberie est sans limite. Avancer une pièce, inventer un coup, sabrer ensemble le champagne, main dans la main inviter tout à chacun au karaoké, semer la tempête – les trompettes du bien barbouillent à tue-tête, le bien commun tenu au silence, à la terreur, processus zombie.

Hoddock Le Lac Lamartine

dernier test avant extinction

Tandis que les services secrets du FSB et du FBI négocient Snowden par-dessus les jambes fatiguées et increvables des experts-représentants ès com’ et business alertés altérés soudain et courant précipitamment après leurs boulons juste le temps d’interdire le survol de leur territoire à Evo Morales. Les territoires du terrain de jeu soumis aux lois de la NSA interdisent qu’un membre se détache de l’aile de la grande puissance, à la grande puissance être for ever. Le drôle, au moins, dans cette affaire NSA, à propos de ces livreurs de bisournous, c’est en live l’affichage aux yeux de tous de leur offuscation sans fard face à l’ampleur des révélations de Snowden (mais c’est le propre du berné que de l’avoir été longtemps, non sans complicité à en tirer quelque profit, avant de se réveiller à la nuit tombée, groggy grognons sous les bruyantes pertes, de protester de n’avoir plus personne sous leur masque trogné d’honorabilité). « La faute » de Snowden sera la nôtre à tous, l’austérité étant notre vrai dieu unique. Mais s’est-il vraiment passé quelque chose? l’information secrète énorme reste un bouchon dans un flux d’événements, une vague à surfer, un nuage, une noyade, un mur à creuser, prétexte à scénariser la repentance publique, d’un bout du tunnel à repeindre pour couvrir l’irrémédiable sans issue. La plupart du temps, hélas ou tant mieux, il suffit au berné de s’éteindre suivant la lueur de son tuba de plongée la surface de quelques traces, d’épaisseur de poussières, de brins, de poudre indolore, au grès accumulés, jusqu’à la dernière seconde, d’arborer un tricot de gloire posthume, revanche à ce qui s’est rit du destin. Pour nos bernés du jour, le consentement reboote simplement sa langue de bois de nobélisée 2012. Mais comme ça devient dur pour s’entendre, et pour eux de ne pas se prendre dans le tapis, pour nous va sans dire

Un tuba embarqué sera notre nouvel emblème