SANS SUITE 43 (figures)

 

Visage expressif, plastique, mobile, cou raide. Nul habit ne lui va, même nu il reste sans allure, de lui se dit tout et son contraire.

Enfoncé, immobile dans la foule. Son bégaiement. Il heurtait cette paroi ou cette autre croyant qu’elles n’étaient pas là, elles qui lui étaient si familières.

À mesure que sa calvitie progresse il raccourcit ses cheveux jusqu’à ne plus faire qu’un.

On lui fait tout faire et n’importe quoi à cause de sa flemme. Le soir il joue du Mozart à l’accordéon façon valse triste.

Les jours ne passent pas, les jours se défont un à un, l’aphasique attend dans le plus complet dénuement qu’une personne lui parle. Il respire bouche fermée sa langue embryonnaire tremble.

S’entendre penser, rêve d’insomniaque. Avancer, entrer vite dans le rêve, n’en plus bouger d’un poil. Se réveiller en sueur avant de disparaître dans les yeux d’un aveugle.

Musicien, né aveugle, de parler cessa, les mots étant usés.

Les antonymes gelés soustraient les mots de la langue.

Clown que le masque désarme et fige, tragédie désublimée.

Haschogan (Maison Dieu) - Le Bossu Yebichai - Curtis, 1904

Haschogan (Maison Dieu) – Le Bossu Yebichai – E. S. Curtis, 1904

Répondre à SANS SUITE 43 (figures)

Commentez ?

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s