« mouvement par la fin »

   « L’ombre n’est pas le fruit noir de mon coeur, si légère ma pente avec le temps qui tourne. Le fauteuil roulant ramène les perspectives à celles d’un enfant. Les médicaments que j’avale pour continuer à souffrir sont comme les chaises longues des vieux qu’on voit en été le long des fleuves, dans les parcs, sur les esplanades : véhicules immobiles du sommeil éveillé.

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Plus ton esprit viendra dans sa clarté, ta faiblesse s’unissant à lui portera une enfance, moins la mort te sera dure ou scandaleuse. Tu pourrais la confondre avec le départ d’un oiseau entre les ronces ; est-ce là tout le mystère de ton mal ?

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La flèche du temps qu’on ne peut inverser vole ma tristesse. Je n’ai aucune curiosité pour l’arrière-pays des poètes, aucun défaut de paradis. Je restreins à l’instant mon horizon d’attente et je tire du miracle de ce qui advient une force élémentaire, où la joie, comme la lumière, va s’épanouissant. À perte de vue triomphe l’accidentel ».

 

Philippe Rahmy, Mouvement par la fin, un portrait de la douleur, Cheyne Editeur.

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2 réponses à « mouvement par la fin »

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