des têtes séparées

Voix, elle délirait se tenant au bastingage tandis que nous, qui n’existions pas pour elle, en retenions l’autre bout. D’une seule voix, non pour exténuer sa frayeur, d’un timbre unique, d’un seul refus, en saccades et d’un bloc à faire vibrer l’air, mettant en miettes le langage.

On l’enferma, sa personnalité se développa. On le libéra et il devint méconnaissable. On l’enferma tour à tour dans des cellules de plus en plus petites, il allait toujours mieux. À la fin de sa peine il n’y eut plus personne à libérer.

Il perd jour après jour sa timidité depuis le jour de son intronisation. Devant l’incroyable de ses désirs se dévoilant, sa jouissance rivalise d’orgueil. Parfois sa mère quand la nuit tombe à midi le secoure.

Sa gueule est restée collée au miroir. Inapte à l’hypnose. Pas la moindre idée de ce qu’il est, comment pourrait-il s’éviter ? D’une détermination sans faille il fend droit devant, trop de tristesse insensibilise, tout le monde s’écarte, sauf les autres pareils à lui. Il cherche le vide, il est un sceau sans fond. Le soleil par la fenêtre a assombri sa chambre.

Highland, California, 1983 Robert Adams:

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