Nastya Kaletkina

restes de voyage (b)

À coups de logique, aux forceps, une pensée de délivrance s’ébat, déplie ses ailes, éclatante. Des successions de pics de creux d’ombres, des poussières de nuits à mesure. Couteau sans lame qui patauge à tuer le temps. Le temps passe très vite, non ? Pourquoi n’être pas resté sur place (comment savoir)? Il glisse, chaque jour le regard s’est perdu, le paysage a mangé les mots, n’y avait-il pas déjà assez de mouvement, en manque t-il encore ? En tête la place qu’il y eut une seconde à peine, évanouie, y fût-on une seconde, la seconde n’a de cesse. Garder en tête les frontières tombées au crépuscule, surprendre au détour de l’aube des aveugles endormis, bouche ouverte, la pluie diluvienne, l’eau montante, le grand air, la promesse tenue du grand soir.

Josef Koudelka

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