mandala sans tracé

Après l’orage le ciel s’ouvre à nouveau, l’horizon d’ici est vaste. De malmené devenir l’invité, minuscule et perdu. Le bleu du ciel s’irise, offert aux humeurs de la terre, à la nuit qui tournoie de l’autre coté, il s’étend, mêle le haut aux confins du paysage, en corps poudreux et lisses. Des formations en fins rideaux, fenêtres sur fenêtres, matières lumineuses indécises presque transparentes attirent d’autres lumières : un champ de profondeur où courent les reliefs, se jouant des distances, hauteur qui ne trouve pas son toit : règne de la diffraction, reflets et éléments multipliés, prémices et fins dansantes. L’idée tant de fois repoussée du monde n’existant après tout que par le seul regard me ressaisit encore, des pluies battantes renouvelées s’immobilisent dans le vertige au pied du refuge, dans le tranchant, inséparable du rêve.

Mario Giacomelli  - Série mer (1953-1963)

2 réponses à mandala sans tracé

  1. fayçal

    « (…) des pluies battantes renouvelées s’immobilisent dans le vertige au pied du refuge, dans le tranchant, inséparable du rêve » – c’est beau à lire, Roma, très beau.

    Rêve – ce rêve de serpents (http://bit.ly/1rFoZGb) chanté par Silvio, en aube cubaine :

    « Il y a des hommes qui luttent une journée
    Et qui sont bons.
    Il y en a d’autres qui luttent une année
    Et qui sont meilleurs.
    Il y en a qui luttent plusieurs années
    Et qui sont très bons.
    Mais il y a ceux qui luttent toute la vie:
    Ce sont eux les indispensables. »
    Bertolt Brecht

    Je rêve de serpents, de serpents de mer,
    Avec une certaine mer, ah, je rêve de serpents.
    Longs, transparents, et qui portent dans leur ventre
    Ce qu’ils peuvent arracher à l’amour.

    Oh, je le tue et un plus grand apparaît,
    Oh, qui digère un enfer encore plus grand.

    Je ne tiens pas dans sa bouche. Il essaye de m’avaler
    Mais il s’étrangle avec un trèfle de ma tempe.
    Je crois qu’il est fou. Je lui donne une colombe
    A mâcher et je l’empoisonne de mon bien.

    Oh, je le tue et un plus grand apparaît,
    Oh, qui digère un enfer encore plus grand.

    Il finit par m’engloutir. Et tandis que je me promène
    dans son œsophage, je pense à ce qu’il va y avoir.
    Mais il se détruit quand j’arrive à son estomac
    Et que j’expose avec un poème une vérité.

    Oh, je le tue et une plus grande apparaît,
    Oh, qui digère un enfer encore plus grand.

    ***

    …et dire que « Le double regard » d’Edgar Morin fut publié le 11 septembre 1997, à Libération : http://bit.ly/1wVrQv4 – toutes ces gangrènes qui finiront par accoucher d’une métastase…

    (mais le poème)

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