mandala sans tracé

Après l’orage le ciel s’ouvre à nouveau, l’horizon d’ici est vaste. De malmené devenir l’invité, minuscule et perdu. Le bleu du ciel s’irise, offert aux humeurs de la terre, à la nuit qui tournoie de l’autre coté, il s’étend, mêle le haut aux confins du paysage, en corps poudreux et lisses. Des formations en fins rideaux, fenêtres sur fenêtres, matières lumineuses indécises presque transparentes attirent d’autres lumières : un champ de profondeur où courent les reliefs, se jouant des distances, hauteur qui ne trouve pas son toit : règne de la diffraction, reflets et éléments multipliés, prémices et fins dansantes. L’idée tant de fois repoussée du monde n’existant après tout que par le seul regard me ressaisit encore, des pluies battantes renouvelées s’immobilisent dans le vertige au pied du refuge, dans le tranchant, inséparable du rêve.

Mario Giacomelli  - Série mer (1953-1963)