Rashōmon (羅生門)

Les êtres humains sont incapables d’être honnêtes avec eux-mêmes sur ce qui les concerne, ils ne savent pas parler d’eux sans embellir le tableau. Ce sont de tels êtres humains que dépeint le scénario — du genre à ne pas pouvoir vivre sans entretenir des mensonges qui les font se sentir meilleurs qu’ils ne sont en réalité. Ce qui montre que ce besoin condamnable de flatter le mensonge perdure par-delà la mort, c’est que même le fantôme du personnage mort, quand il parle aux vivants par le truchement d’un médium, ne peut pas non plus renoncer à mentir. L’égocentrisme est une faute que l’être humain porte avec lui depuis sa naissance ; c’est la plus difficile à amender. Le film est comme une étrange peinture sur rouleau que l’ego humain a déroulée et qu’il exhibe. Vous dites que vous ne comprenez rien à ce scénario, mais c’est le cœur humain, lui-même, qui reste incompréhensible. Si vous réfléchissez bien à cette impossibilité de comprendre quelque chose à la psychologie humaine, et si vous relisez le script une fois encore, je pense que vous saisirez de quoi il parle.   Akira Kurosawa, Comme une autobiographie, Paris, 1995, Petite Bibliothèque des Cahiers du cinéma.

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