Il a fait canicule, MétéOroscopie

« Un naïf missionnaire du moyen âge raconte même que, dans un de ses voyages à la recherche du Paradis terrestre, il atteignit l’horizon où le ciel et la Terre se touchent, et qu’il trouva un certain point où ils n’étaient pas soudés, où il passa en pliant les épaules sous le couvercle des cieux… »

Nouvelle lecture, celle de la météo. Avant le ciel matinal et le vent suffisaient à procurer une idée de la journée, le temps étant aussi ce qu’on en ferait sur le moment. Par hasard, puis indispensablement, lire les bulletins du temps, le passage à l’avance du ciel dans la journée, la plupart du temps cette avance oubliée, vérifiée au premier regard, parfois précisément, justement pas toujours quand on en aurait eu véritablement besoin, l’heure de l’orage en montagne par exemple, quoique les vents se jouent de nous. Nous attendions, nous nous étions précipités, la prévision allant de soi se réaliser, tôt ou tard dans la journée, à mesure que nous bougions, nous avions les yeux baissés au sol, le vieux regard natif embrumé attiré par la boue.

Ce faisant peu à peu il s’était replié sur la météo du temps qu’il avait fait, il y a trois ou quatre jours, il essayait de se rappeler encore, entre mémoire vive et archive – vice particulièrement déprimant, où le ciel présent enregistrait les soubresauts d’une machination mentale frappée peu ou prou d’obsolescence, où le futur assommant pesant devant, lui derrière, bascule à rebours; il aurait fallu alors se pencher sur un détail du ciel, en live, les nuages, forme durée rémanence, etc. afin de se loger bien à l’écart du temps, dans l’apaisement des conclusions à venir : mais il n’aimait pas tant s’occuper des détails qui sont, disait-il, tels des petites graines à picorer dans la mangeoire insatiable du rêve holistique. Le lac malgré était à sec.

Il était rare qu’il y ait plus de cinq jours consécutifs de soleil, nous étions d’un pays humide, très accueillants de ses rayons, l’invitant encore après notre mort à blanchir les bois sur lesquels pour l’heure nous grimpions. Était-ce parce que le ciel était bleu, puis blanchâtre, et gris, s’élevant, lent, puis bleu à nouveau ; le vrombissement d’une escadrille d’avions excitaient, faisaient grogner de peur et de joie pêle-mêle les cochons.

Il ramassa au pied du lit, main ballante, une double page du journal d’il y a trois jours et paresseusement trouva l’horoscope, le sien évidemment dont il suivit à la lettre, à l’instant même, le conseil de sortir « même sans avoir à faire » – justement. Lui dont l’œil glissait ordinairement sans les voir sur ces remugles d’éternité englués au quotidien le plus prosaïque, avait reçu la chance du débutant, un invisible bonnet d’âne, bon pour la pluie le soleil et la neige.

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