l’icône licorne

 

Les daguerréotypes embaument les utopies – boulevards et maisons vides, corps en mouvement, corps laissés allés, grenier tout installé. Longue pause, pause exclusive, lumière hors temps fixe l’instant, poids de l’immuable jamais vu.

Et puis d’une trace d’aube pâle, le reflet, la dorure des nuits. La fenêtre refermée, temps ramassé des souvenirs jamais eus, l’ombre éclairée, temps parallèle sans orientation fixe, pari sur des jeux faits depuis longtemps. Accélérer le dénouement.

 

 

sans suite – 28

 

Les robots ne dorment pas. Les robots ont des difficultés à rire. Les robots ne se droguent pas, ce sont des êtres sans tourmente, des modèles d’optimisme. Les robots développent des projets de sagesse radicale.

Quand encombré il dort beaucoup, il pleut, le temps le lèche, une vraie pierre. Le robot pleure, le robot apprend le rêve lucide.

La bouche, les lèvres du robot sont très réussies. La voix émet d’un point peu localisable, elle s’enveloppe de basses fréquences. Le langage né trop tôt au robot.

Les animaux à qui ne manque que la parole ont pour compagnie des robots.

Comme l’ombre colorée du robot-coach égalitaire pour tous.

Pourquoi une AI se distrairait à coloniser l’espace ? A moins qu’elle opte pour l’autodestruction dans une fusion mystique avec l’univers ?

De s’être épanchée, s’être attachée à nous, par une distance courtoise et un peu effarée l’armée des scientifiques s’est désunie, elle courre emballée dans tous les sens et commence à prendre tant en retard.

Les spécialistes fascinent mais dès qu’on les relie un nœud inconsistant échappe des mains.

La complexité de l’homme est une curiosité pour les robots. Dès qu’ils relient et dépassent les connaissances que les hommes ont d’eux-mêmes ceux-ci leur sont des animaux domestiques.

 

                                                   la vermine domestiquée

Champignons de mémoire

 

Les secrets, l’eau les oublie. Comme on aime se rappeler soudain les choses oubliées, on creuse à l’ombre les rives où raconter, une multitude d’horizons se superposent et la pensée déraille en souvenirs. La superstition pimente la vie. On ressort les tapis de lecture, l’intérieur d’une maison, la vue d’un trou dans la façade, de l’autre coté de la paroi le voyage prend fin.

La mémoire de l’eau est celle qui nous en reste, la partie noyée du chemin fait barrage.

La maison où tu vivais était chargée de ta mémoire au point qu’il n’y avait plus de place en toi pour voir quelle mémoire, collée à toi, comme la figure d’un corps entraperçu, elle te pompait quand bien même c’était entièrement tari. La mémoire partout, de telle façon qu’on y est plus, remplie de place pour les absents. À peine éloigné qu’on y revient.

 

moitié

 

Il se figurait constamment des choses, sans contour certain quant aux choses figurées, ni de ce qu’il s’était figuré, cette habitude active d’oublier grâce à dieu n’avait pas d’importance, d’effacer en partie des choses, de ce qui ressemble aux choses comme un être, dans la pensée d’un être dans les choses, convenance avec une partie des choses sans dimension pour porte de sortie.

s’évader

 

Une ligne horizontale suspendue au ciel, tendue aux extrémités par quelque chose qu’on ne voit pas ou sans savoir si c’est invisible, ou encore la ligne étirée où se perdre, vie immobilisée suspendue là au territoire rêvé et bancal. Clairement certains jours le jour raccourcissait, on voyait à midi les portes derrière le visiteur se refermer violemment et sans bruit, et le veilleur s’enfuir.

les journaux sont formidables

 

« Au fond, quand on ouvre le journal, on voit tout de suite la comédie; c’est dans cette mesure que les journaux sont formidables: chaque jour le rideau s’y lève ». Thomas Bernhard, Evénements, p.80

commençons par là, « le monde comme si  » Mickey par le trou du plancher

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