poursuivre

 

Le moteur de recherche conduisait à des réseaux de plus en plus étrangers à ce qui était cherché, à ce qui devait être conduit, continué, à retrouver. Tu croisais d’autres tout aussi paumés et tu prenais le sillage des vrais fous. Les anges construisaient des programmes hautement transparents dont le rythme s’interrompait parfois à devoir chasser rapidement l’ombre minuscule d’un égaré qui s’approchait. Communément admis par nous et les anges le territoire de l’homme devait rester à l’écart et hors de la vue. Nous comprenions furtivement sur le tas que rien n’était clair, nous traiterons ça plus tard quand une place sera vierge.

 

Grotesque

 

« Le monde du grotesque est plus ou moins terrible et étranger à l’homme. Tout ce qui est coutumier, banal, habituel, reconnu de tous, devient de but en blanc insensé, douteux, étranger et hostile à l’homme : son monde se transforme soudain en un monde extérieur. Et le coutumier et rassurant révèle soudain son aspect terrible ». Mikhaïl Bakhtine, L’œuvre de François Rabelais… Éd. Gal., p. 48

 « Nous sommes tellement affectés et terrifiés du fait que notre monde cesse d’être censé que nous pensons ne pas être à même de pouvoir vivre dans ce dernier. Le grotesque insuffle la peur de vivre plutôt que la peur de la mort. Structurellement parlant, le grotesque rend impossible les catégories à travers lesquelles nous tentons d’appréhender le monde « . Wolfang Kayser, the grotesque in Art and Literature, Éd. IUP, p. 184

liquidation

 

« En réalité, il connaît la signification de son acte. Il sait qu’au fond, il a refermé – ou plutôt, liquidé son passé. Il comprend enfin ce qui le meut réellement : « la passion de la liquidation, écrit-il, dont la cause est impénétrable. » On lui demande s’il veut que ses manuscrits donnent lieu à une exposition. Non, répond-il, il ne le veut pas. Il ne veut plus jamais revoir les traces des combats de sa vie, ces écrits de combat. » Imre Kertész, L’Ultime Auberge, p 153, Actes Sud

besoins

  « Ne cherche pas de sagesses ultimes car il n’y en a guère. On ne pense pas d’après la vérité, mais d’après ses besoins, et plus l’on se confronte à ses besoins plus on est sage – pour autant que par sagesse nous comprenions la liquidation de nos propres besoins ».  Imre Kertész, L’Ultime Auberge, Jardins de trivialités, 18 juillet 2009, Actes sud.

 

raconter encore

 

Les premières histoires que nous écoutions furent celles racontées à propos d’inconnus que de loin, cachés nous épiions. Nous nous sommes donc habitués au mensonge qui est, dit-on, une méthode qui aide à se connaître. En quête de ce qui reste et de ce qu’on ignore, nous revenions nous échouer derrière cette cache pour raconter encore.

le printemps ?

 

 

Difficile à comprendre ce que sont les flots prisonniers des calanques, la houle bruyante, alors qu’à l’horizon la mer éternelle tout en disparaissant. Des mots venus simplement de regarder s’évaporent à leurs images sans voix sans voir brassés aux flots des calanques qui y mettent fin.

Le soleil, blanc, sans chauffer, les oiseaux qui chantent en dormant, la source sous l’arbuste déplumé goutte à goutte dans la rivière, tombent les cercles sonores, le printemps ?

filiation

 

L’art du compromis des robots abandonne en contrepartie à l’homme sa grande affaire de post-vérité. Ils ne sont pas nos pères mais nous sommes leurs enfants. La réalité dédoublée en une chaîne minuscule de mèmes à bout de souffle.

Pour raisons humanitaires l’œuvre de la guerre sera dévolue aux robots.

Les personnes âgées sont de jeunes animaux ridés perdus dans un territoire fermement délimité et perpétuellement changeant. Malheureusement leurs têtes rajoutent une détresse, aucun autre animal n’arrive à les consoler.

Quand l’âge leur vient pourquoi appellent-ils soudain leur chien « Fifille » ? Quand l’âge atteint à son tour leur chien, comme deux gouttes d’eau irréfutables, ce sont bien ses parents.

No more posts.