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De la lumière aveuglante de la plage à midi les silhouettes de promeneurs dispersés, la course des chiens ivres de vent, les éclats de voix, le roulis, les figurines fugaces bordées débordées, couchées sur le rivage, somnambules, peuple du dortoir des rêves.
Les arrêts sur image dans le ciel entrent dans le ciel. on courre dans les vaisseaux. la mer est le ventre de la terre, du ciel y luit la nuit.
Plus loin on arrive quelque part, la place est large. les trois-quarts des maisons vides. une vieille dame au crépuscule nourrit les chats. un homme, toujours un autre d’autres époques, apparaît épisodiquement derrière une fenêtre, les yeux collés sur un passant d’occasion.
Par le village, dit le guide, vous entrez dans l’histoire. Au-dessus dans les champs, quelqu’un préférant ne rien savoir avec yeux fermés entre dans le paysage.
Est-ce la fenêtre ouverte qui bat au vent dans la maison vide ?
difficile de l’entendre la vieille dame qui dit, le garage est une bâtisse de plusieurs siècles sous laquelle tu vas garer ta voiture. c’est une vieille maison tout ça, dit-elle, ne trouvant plus les clefs pour y entrer.
Tu habites un lieu aussi loin que tu peux le parcourir les yeux fermés. sur le chemin celui que tu vois te dépasser, courbé, de profil, plonge dans la poussière, tranche ton élan à lui porter secours.
La maison pour l’adopter demande à superposer et à croiser ses pas par milliers. le temps doit redevenir ce don du voyage qui le défait. l’automatisme d’un corps et d’une tête ailleurs finissent par se rejoindre. la maison devient habitée. -
Au fond du ravin une rivière, une nappe d’eau en mouvement, son avancée ondoyante, vaguelettes flottantes qui s’écoulent tout en produisant leurs flux contraires, du dedans. Le courant creuse son avancée, assure les méandres de son horizon, rend le cours perpétuel, le temps à la renverse, comme les vagues adossées au lit qui se forme. L’eau creuse autant qu’elle avance au temps long des falaises. Les bords sont faits de vieilles vagues assemblées, les bords sont faits de rives franchies, d’autant de creux que de champs d’inertie.
Plus haut une pluie de brumes accélère le cours d’eau dont les limites s’évasent, se plissent, s’enfoncent en ramifications, s’étendent au-dedans, dans les airs.
@Claudio Campanna -
Se passe-t-il quelque chose après la mort ? L’Esprit enfin saisi par lui-même ? Où cela se passerait-il ? Cela arriverait-il sur terre où tant il s’est entendu réclamé ? D’y répondre, ne lui serait-ce pas alors un supplice ? D’autant que défait de l’identité à laquelle il s’apparentait, tout serait alors à jamais méconnaissable: L’Esprit s’y perdrait, jeté dans une mauvaise farce, figé derrière un masque que tout le monde s’arracherait. Ou bien l’Esprit renaîtrait-il dans un endroit quelconque, paradis et enfer oubliés, dans un corps quelconque dont l’ombre serait l’esprit éternellement perdu ailleurs. Ne serait-ce pas alors que la mort n’a jamais lieu ?
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Au fond des grottes l’oeil d’un trait sur la roche donne main au visible.
Ce qui reste a été caché et a disparu au fil du temps.
La faible lueur électrique de sa lampe de bureau flotte dans la quiétude de son regard. Sur le fossile le soleil est au midi.
L’intérieur et l’extérieur sont à l’envers mais ça ne se voit pas, inséparable de la sphère la main qui la porte.
Le vent s’élève par grandes brassées dans les hauteurs et creuse la lumière alentour.
Attention portée à ce que les figures en mouvement renvoient: une méditation éclairante, fine et silencieuse, qui regarde le corps.
Le même angle, selon sa dimension, attire des figures si étrangères les unes aux autres qu’il n’est pas reconnu.
Cette ligne horizontale qui tourne sur elle-même, remontée à la surface, est une ligne verticale.


