dans CHEMINS

reprendre

À peine élevée la splendeur tomba, sans possibilité de retour à l’état antérieur. La splendeur n’a pas tenu et a englouti avec elle son objet. Maintenant pour l’invoquer il faudrait du calme, s’arrêter, reprendre ses esprits. Comme jouer d’abord à être son propre chien, poursuivre les poussières qui s’élèvent à travers un rai de lumière. Redevenir le spectateur d’une pièce ou d’un film sans rien y reconnaître. La scène bouge tout le temps. On reste à laisser entrer les pensées, les images, les sons, les éléments, on laisse passer, on ne retient rien, on épouse un rythme, on résonne, contemple, on chute encore, la chute n’apprend rien, à chaque fois qu’on est sauvé recommencer comme on se lève. Le chemin, lors de sa renaissance, dit-il, sera exactement le même, mais le trajet sera en sens inverse. Ce sera sa punition éternelle, une boucle sans ligature. S’il veut jouer en chemin son joker, allonger la durée, ce sera tout de suite, affronter les vents contraires dès le départ, se réserver la plus petite chance de pouvoir revenir.

Claude Paradin, dans Devises heroïques, 1557

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