dépassé

 

Rien ne mord, le poisson et l’hameçon sont absents, le temps se noie dans le courant qui avance, puis recule et à la fin verse, la journée s’annule, le vent la pluie remontent en pleine face. Renonçant à débusquer les illusions il rentre à la maison, livré à leurs effets secondaires, versant soporifique ; au chaud près de lui des dormeuses muettes discrètes actives et limpides le déplacent, poussent les meubles de leur place, changent l’adresse et l’emplacement des ronds-points. Le gardien de musée s’égare en directions contraires, le jour la nuit on ne sait pas si lointains. La mort de l’eau, la mort du lent, des arbres, des âmes, des animaux, tout est donné, la scène se découpe, le cours est rapide, indulgent, la suite inextinguible, y être ou pas se ressemblent, la mer redevient calme, la voile de travers hissée et défaite quand le vent souffle au fond des cales, un grain de lumière, une vague, la rouille, ou des mots qui murmurent, la pluie qui glisse, entrée frontale dans les pierres à respirer le feu, pierres à nos corps, des pierres levées lestent son corps presque sans poids, à l’équilibre, qui le dépassent.

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