semblant d’horizontale

Terrasse ô garde-fou, le vent divin prospère, l’oubli du futur souffle sur les décombres, l’horizon est clair, la nuit dense, lointaine. Exposé à la vue de tous et comme pas là, tu balayes où un jour tu t’étais mis en tête un jardin zen qu’il n’y a que toi qui vois –à part un bouddha que l’ail d’ours et les orties enfouissent en même temps qu’un buste en terre cuite, dont le volume est tel un véritable nain, de jardin d’elfe barbu de toute sa barbe, dégagé d’une décharge il y a un bail – quelques planches défoncées au coin du portique.

Tailler à ras des bambous et jusque sous le toit des rosiers que le gel tardif a vaincu, trancher le lierre qui perce la façade, rafistoler encadrer de planches le paravent qui allait s’effondrer, refaire un semblant de montant horizontal, voilà à quoi je m’emploie.

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