« Seul ce qui ne cesse de faire mal reste dans la mémoire. » La Généalogie de la morale, in F. Nietzsche, œuvres, R. Laffont, « Bouquins », t. II, p. 806
« Tels que je connais nos services, et je n’en connais que les échelons subalternes, ils ne s’amusent pas à rechercher les culpabilités au sein de la population ; c’est au contraire, et conformément aux termes même de la loi, la culpabilité qui les provoque et suscite l’envoi des gardiens comme nous. La loi est ainsi faite. Il n’y a place pour aucune erreur. -je ne connais pas cette loi dit K -c’est d’autant plus fâcheux pour vous dit le gardien. » F. Kafka, Le Procès, traduit de l’allemand par Bernard Lortholary, Paris, GF, 1984, p. 29.
« La saleté est le sous-produit d’une organisation et d’une classification de la matière, dans la mesure où toute mise en ordre entraîne le rejet d’éléments non appropriés. » Mary Douglas De la Souillure. Essais sur les notions de pollution et de tabou, La Découverte & Syros, 2001, p. 55
« Le péché originel, le vieux tort fait par l’homme, subsiste dans le reproche que fait l’homme et dont il ne démord pas, qu’il lui fut fait tort, qu’on lui a fait le péché originel.» Kafka, Réflexions sur le péché, la souffrance, l’espérance et le vrai chemin, Rivages Poche, p 91
« Leoparden brechen in den Tempel ein und saufen die Opferkrüge leer das wiederholt sich immer wieder : schließlich kann man es vorausberechnen, und es wird ein Teil der Zeremonie ».
« Les léopards font irruption dans le temple et vident la coupe du sacrifice ; cela se répète toujours ; au bout du compte, on peut le prévoir, et cela devient une partie de la cérémonie » Franz Kafka, Journal
« j’étais ému d’être libre au milieu d’un peuple entier mis à l’index. Sans doute y volai-je comme ailleurs mais j’en éprouvais une sorte de gêne car ce qui commandait cette activité, tout une nation le connaissait et le dirigeait contre les autres. C’est un peuple de voleurs, sentais je en moi-même. Si je vole ici je n’accomplis aucune action singulière (..) j’obéis à l’ordre habituel. Je ne le détruis pas. Je ne commets pas le mal, je ne dérange rien. Le scandale est impossible. Je vole à vide. » (En 1937, à Berlin) Genet, journal du voleur.
« E : Et qu’a- t-il répondu ? V : Qu’il verrait. E : Qu’il ne pouvait rien promettre. V : Qu’il lui fallait réfléchir. E : A tête reposée. V : Consulter sa famille. E : Ses amis. V : Ses agents. E : Ses correspondants. V : Ses registres. E : Son compte en banque. V : Avant de se prononcer. » Beckett, en attendant Godot
Catégorie : S. Beckett
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« De tout temps le bruit court ou encore mieux l’idée a cours qu’il existe une issue. Ceux qui n’y croient plus ne sont pas à l’abri d’y croire de nouveau conformément à la notion qui veut tant qu’elle dure qu’ici tout se meure mais d’une mort si graduelle et pour tout dire si fluctuante qu’elle échapperait même à un visiteur. Sur la nature de l’issue et sur son emplacement deux avis principaux divisent sans les opposer tous ceux restés fidèles à cette vieille croyance. Pour les uns il ne peut s’agir que d’un passage dérobé prenant naissance dans un des tunnels et menant comme dit le poète aux asiles de la nature. Les autres rêvent d’une trappe dissimulée au centre du plafond donnant accès à une cheminée au bout de laquelle brilleraient encore le soleil et les autres étoiles. Les revirements sont fréquents dans les deux sens si bien qu’un tel qui à un moment donné ne jurait que par le tunnel peut très bien dans le moment qui suit ne jurer que par la trappe et un moment plus tard se donner tort de nouveau. Ceci dit on n’en est pas moins certain que de ces deux partis le premier se dégarnit au profit du second. Mais de façon si lente et si peu suivie et bien entendu avec si peu de répercussion sur le comportement des uns et des autres que pour s’en apercevoir il faut être dans le secret des dieux. » S. Beckett, Le Dépeupleur
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lucarnes dominicales
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