un essaim hétéroclite de papiers poussières feuilles et petites choses légères tournoient au vent, prisonnière du contrefort d’église, et qui par saccades, des odeurs de lilas, de fleurs fruitières, de fuel, de fumier, de pierres, comme expulsées. ici de passage.
une assemblée de têtes percent un sarcophage géant où pullulent des chimères que l’on arrive pas à voir, sous leurs parures, réellement endormies. les vagues comme les nuages de loin glissent sur les yeux. l’éternel retour fixe le point zéro. ici les têtes de chimères apparaissent avec un peu de recul, celles des anges aussitôt disparaissent.
dans ce coin retiré à la montagne, sur la voûte, un soleil est gravé au milieu sur la pierre la plus haute, le portail du monastère ouvre sur un petit tunnel.
là les horloges n’existent pas. d’un pas tranquille la ronde aux alentours faite de prières et de guets dure une heure. vingt-quatre disciples cohabitent dans les ailes autour du monastère-grotte. les moines-horloges s’y relaient. chaque jour recommence à minuit pour le fidèle, il entame sa ronde qu’il avait entrepris la veille à onze heures. le lendemain il commencera à une heure, il saute d’heure en heure comme suivent les vingt-trois autres fidèles, à tour de rôle.
l’avant l’après et le maintenant sont une triade, les quarts d’heure scandent le rythme. le livre des prières est constitué de vingt quatre chapitres. chaque prière dure une heure, chaque jour, vingt-quatre prières. 8 760 prières annuelles réparties sur 24 chapitres dont chacun contient exactement 365 prières. la ronde annuelle arpente approximativement 40 000 km, un tour de la terre.


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