Oiseaux & Zeppelin

Coincé dans l’embouteillage fin d’après-midi nuit tombante – et perpendiculaire l’interminable vague en V dense au-dessus, des passereaux ou des fauvettes migrateurs, suivaient les méandres du fleuve. On m’a dit qu’aujourd’hui ou demain les jours rallongent, déjà. Cherchant quelque Extrait de « L’Apocalypse de la modernité » de Emilio Gentile, ces quelques feuilles de « Blackbird Slow Motion  » Shift » me sont tombées dessus. Fioretti, comment de nos yeux ainsi, d’aller et venir à venir nos oiseaux se verraient-ils? François d’Assise aux anges du palmier, ou vent des feuilles aux oreilles, par les persiennes, vitesse prise libre d’arriver où il veut, quand ne le sachant.

« [L]e vol des oiseaux, des ailes de feutrine, des cris, la mer là-bas au loin, Mussulo, les cocotiers, nous descendions à la plage, mes parents et moi, mon père en costume crème et panama crème, ma mère sous une ombrelle rose, moi en chapeau de paille qui s’attachait sous le menton, nous apportions le déjeuner dans un panier recouvert d’une serviette qu’on étendait sur le sable avec les gamelles dessus, une bouteille de jus de fruits pour ma mère et mo i, une bouteille de vin pour mon père, ma mère n’ôtait jamais ses gants ni ses chaussures, assise sur un petit banc elle chassait de son éventail les bouffées de chaleur que mon père chassait avec son journal, les oiseaux au-dessus de nous étaient les mêmes qui planaient au-dessus des fosses de Corimba, les mêmes ailes poussiéreuses, mais je n’avais pas peur car il faisait jour, les soldats, sauf celui aux bottines vernies, n’allaient pas m’enlever ni m’emporter avec eux ni me faire du mal, il n’y avait pas une seule chambre obscure dans la maison de Malanje, ils ont levé leur mitraillette, braqué sur moi le cran de mire, disparu derrière leur arme, cette façon qu’ont eu leurs muscles de se raidir, cette façon qu’a eu leur bouche de se fermer et moi en train de trotter dans le sable vers mes parents, mon chapeau de paille glissant sur ma nuque, heureuse, sans plus avoir besoin de leur demander s’ils m’aimaient. »

La splendeur du Portugal, Antonio Lobo Antunes Christian Bourgois, p. 528-529

Canal de comment va le monde, d’aliénations ou d’habitudes telles, comme ici, le rideau est tendu, le passé défile, s’amplifie, vrille, rien a changé, canots de sauvetage rares et lourds, buvant la tasse sauve qui peut mon trésor le paquebot sombre. Un reste de soupe? opéra-vidéo  Steve Reich et Beryl Korot,  «Trois contes »

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