nature

« Les fléaux physiques, et les calamités de la nature humaine ont rendu la Société nécessaire. La Société a ajouté aux malheurs de la Nature. Les inconvénients de la Société ont amené la nécessité du gouvernement, et le gouvernement ajoute aux malheurs de la Société. Voilà l’histoire de la nature humaine ».  Nicolas Chamfort, Pensées, maximes, anecdotes – LXVII

Jardin d'ogives lactiques

Jardin d’ogives lactiques

Les Trois Désastres

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« Le trésor était à sec. Nous avions, au 1er février, pour solder la guerre universelle, trente millions, en papier. Le milliard voté n’était pas levé. Au fond de la caisse, on mit la Terreur. »  (J. Michelet, Histoire de la révolution. Livre X. Chapitre IV. — Mouvement du 10 mars 1793. – Tribunal Révolutionnaire).

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en quelque endroit inconnu et hors du monde

« c’est comme ça que les ruisseaux, les torrents, les fleuves se forment… je me disais avec émotion. Des masses d’eau qui gonflent petit à petit et attirent et puis englobent avec la force croissante de leur avancée d’autres masses d’eau plus petites qui descendent le long de la montagne abrupte, alors que d’autres se perdent, ça et là, sans avoir eu la force de se transformer en ruisseaux, en torrents, en fleuves. Des ruisselets identiques en apparence, qui se sont formés comme ça, en quelque endroit inconnu et hors du monde, là où personne ne peut les voir, et qui sortent ensuite lorsqu’ils sont déjà gros, impétueux, creusant leur lit dans les gorges des montagnes, dans les vallées et puis dans les grandes plaines, et personne ne peut plus les arrêter… »

Antonio Moresco, La petite lumière, p 57. Col. « Terra d’altri », éd. Verdier

tintinnabuli

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habillée d’ombres, éclose en fin de nuit, tombée le matin, close, absente au midi

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migration : polar

Quand il neige ou à cause du trafic, ou d’inattention, de fatigue, de tête ailleurs, en voiture écrire devient périlleux.

Aussi, comme mon habituel « abris d’écriture » m’a chassé (l’isolation bouffée par les souris, le toit trop peu pentu, les tuiles bouffées par la mousse attaquées par les averses obliques), j’ai déplié l’ordi dans la cuisine familiale, parmi l’activité de tous. En conséquence je me suis donc mis « à écrire » en mouvement (sans devoir m’arrêter sur le carnet) à parler au micro de mon « enregistreur vocal », produire des fichiers de paroles en l’air que plus tard je mets noir sur blanc prenant soin de ne pas en rajouter.

Contre la page-écran résonne une salle d’attente quand le dernier train est passé il y a des jours personne ne sait plus, quand une idée se forme se perd butée par les mots, des signes qui s’étaient disposés dans les limbes, fixés tordus, des lancés de pierres blanches dans le trou, une fatigue sans objet, un train fantôme s’arrête dans une autre gare, etc… (soutenir en dormant le wagon immobile qui chavire). Alors le micro, façon d’aller marcher, avancer le projet « conjugal » d’un polar, retrouver la souplesse de la narration longue, ma flemme savoure, un œil aux marges, aux sillons pour mes friches.

la machine à écrire ne trouvait plus mes doigts

la machine à écrire ne trouvait plus mes doigts

F. Kafka, Journal, 22 février 1918

… « Ta volonté est libre signifie : elle était libre quand elle a voulu le désert, elle est libre, puisqu’elle peut choisir son chemin pour le traverser ; elle est libre puisqu’elle peut choisir sa démarche ; mais d’autre part elle n’est pas libre, puisque tu es obligé de traverser le désert, pas libre, puisque tout chemin est une espèce de labyrinthe qui touche au moindre pouce du désert  »

(F. Kafka, Journal, 22 février 1918 – Œuvres complètes, T III, pléiade, p 479 )

Egypt  Kazuyoshi Nomachi

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Pierres offertes aux mains la nuit. des jours où le vent donnait congé, quand le froid sortait de terre. Sait-on encore de quoi il parle ?

« D’abord où sommes-nous ? » avons-nous entendu. on le regarda, nous longions les parois de l’iceberg, on le réchauffe nous chuchotions-nous, on se promettait de lui redonner d’urgence des cours de langue : tes yeux, ta bouche, le lait, le soleil, les brumes.

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blanc que la neige assemble, la nuit tombe sur la mer, derrière les rideaux le vent dans les cloches. à force d’échouer un seul mot suffit

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