entours épuisés

Nakaji Yasui  安井 仲治(1903-1942)  De la Photobook %22Hikari%22 (lumière) Maruzen, Osaka 1940  préparatif à la fêteIls sont là, six, par hasard, rassurés d’être ensemble, placés suffisamment isolés les uns des autres, silencieux, recueillis comme des pierres, amarrés à leur isolement, ça semble tenir quand même.

Lui, de face, pleine face, c’est deux profils se découpent. De temps à autre il cherche dans les yeux de l’autre qui peut-il bien être. Impossible de détacher l’un du deux, l’effort redouble l’impossibilité, la distance est le champs de bataille. Dans cette image telle et telle partie d’autres images, de file en aiguille elle ne ressemble à rien, tentative de reconnaissance revenant pulvérisée à son point de départ.

Un pas encore, faire perdurer l’ennui, la vie ne tient qu’à ça, d’alléger, se glisser dans les creux, les frontières se resserrent. Il s’invente, ça part dans tous les sens dans un monde flottant où il n’est jamais rentré, où on l’a toujours sorti, chaque avancée s’avère être une dette. Avec lui surtout ne pas parler ne pas interrompre ne pas réfléchir, rester attentif, ne pas comprendre, le chien perdu, son rêve est mort. Attendre que coule l’eau sous le petit pont, franchir le petit pont, d’un pas hésitant, sa déambulation lente, un algèbre compliqué, ou c’est le sol qui se dérobe.

être

Il est plus beau de n’être rien, et il y faut plus de ferveur que d’être quelque chose

(Robert Walser)

Teun Hocks, Untitled, 1994

commandement libre

Banbury-Enigma- Turing

Le robot sera notre cher moi, centre augmenté de soi dans les limbes des commencements. S’affairer au happy-end du film « libre-arbitre », larguer le languissant, le trop défaillant, le souffrotant.

Entrée des figurants dans un espace qui leur ressemble, des châteaux sur la plage, reculer la marée. Dans l’attente du changement, de nouveaux modèles d’action, de nouveaux commandements.

___________ #12

 ombres amies de l’aube. les rayons du soleil traversent une autre nuit.

freebase du printemps

« La vie est une pure, très claire, très sombre, cristalline absence d’espoir »  

Thomas Bernhard, Gel. p. 295

Yama Bato

Florence Henri. Grèce, d'une gloire qui n'est plus. 1930-1931

qui est-ce ?

« Qui est-ce ? Qui se promène sous les arbres du quai ? Qui est à jamais perdu ? Qui ne peut-on sauver ? Sur la tombe de qui pousse l’herbe ? Des rêves sont venus en remontant le fleuve ; avec une échelle ils escaladent le mur du quai. On s’arrête, on cause avec eux, ils savent bien des choses, ils ignorent seulement d’où ils viennent. L’air est bien tiède ce soir d’automne. Ils se tournent vers le fleuve et lèvent les bras. Pourquoi les lever au lieu de nous étreindre? » (Alexandre Vialatte, Les fruits du Congo p. 384, Col. L’Imaginaire, Ed. Gal.)

qui ne s’arrête en aucun lieu

Ok, l’homme serait un petit animal raisonnable aimant à croire que sa vie se rattraperait dans un poème à l’eau de rose. Avançant ou reculant, le cercle et lui tournant asynchrone, du sentiment d’être rendu au milieu du chemin, côte à côte avec robot hilare, alors que l’esprit quitte le corps. Aux généreuses lisières et transferts d’attributs, l’âme-sœur s’élève sous des traits machiniques, son ombre découpée aux contours lumineux. Petit christ à tenir ses promesses sur le champ, et l’enfer de nos nuits.

L’histoire, par laquelle les images s’élèvent, l’air du temps présent, la raison des croyances, celle qui d’emblée se donnait à comprendre, l’information qui manquait, reconnue fermement par le grand nombre, celle avec des traversées béantes en son centre, des périphéries attrapées, une histoire, un pas dedans qui, d’espoir, conduirait à d’autres histoires, hors péripétie, tellement, celles qui sauveraient, celles qui existaient déjà ailleurs, simultanément. On s’en raconte, ce doit être vrai, mais pas encore ici le bon embranchement. Continuer alors sans issue, sinon s’en retournant, en retranchant. À un certain point s’immobiliser, les racines ayant pris dans le mur.

Turfan-Expedition 1902-1914 Aufnahmeort- Xinjiang, Chine (Land)

nature

« Les fléaux physiques, et les calamités de la nature humaine ont rendu la Société nécessaire. La Société a ajouté aux malheurs de la Nature. Les inconvénients de la Société ont amené la nécessité du gouvernement, et le gouvernement ajoute aux malheurs de la Société. Voilà l’histoire de la nature humaine ».  Nicolas Chamfort, Pensées, maximes, anecdotes – LXVII

Jardin d'ogives lactiques

Jardin d’ogives lactiques

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