___________ #12

 ombres amies de l’aube. les rayons du soleil traversent une autre nuit.

freebase du printemps

« La vie est une pure, très claire, très sombre, cristalline absence d’espoir »  

Thomas Bernhard, Gel. p. 295

Yama Bato

Florence Henri. Grèce, d'une gloire qui n'est plus. 1930-1931

qui est-ce ?

« Qui est-ce ? Qui se promène sous les arbres du quai ? Qui est à jamais perdu ? Qui ne peut-on sauver ? Sur la tombe de qui pousse l’herbe ? Des rêves sont venus en remontant le fleuve ; avec une échelle ils escaladent le mur du quai. On s’arrête, on cause avec eux, ils savent bien des choses, ils ignorent seulement d’où ils viennent. L’air est bien tiède ce soir d’automne. Ils se tournent vers le fleuve et lèvent les bras. Pourquoi les lever au lieu de nous étreindre? » (Alexandre Vialatte, Les fruits du Congo p. 384, Col. L’Imaginaire, Ed. Gal.)

qui ne s’arrête en aucun lieu

Ok, l’homme serait un petit animal raisonnable aimant à croire que sa vie se rattraperait dans un poème à l’eau de rose. Avançant ou reculant, le cercle et lui tournant asynchrone, du sentiment d’être rendu au milieu du chemin, côte à côte avec robot hilare, alors que l’esprit quitte le corps. Aux généreuses lisières et transferts d’attributs, l’âme-sœur s’élève sous des traits machiniques, son ombre découpée aux contours lumineux. Petit christ à tenir ses promesses sur le champ, et l’enfer de nos nuits.

L’histoire, par laquelle les images s’élèvent, l’air du temps présent, la raison des croyances, celle qui d’emblée se donnait à comprendre, l’information qui manquait, reconnue fermement par le grand nombre, celle avec des traversées béantes en son centre, des périphéries attrapées, une histoire, un pas dedans qui, d’espoir, conduirait à d’autres histoires, hors péripétie, tellement, celles qui sauveraient, celles qui existaient déjà ailleurs, simultanément. On s’en raconte, ce doit être vrai, mais pas encore ici le bon embranchement. Continuer alors sans issue, sinon s’en retournant, en retranchant. À un certain point s’immobiliser, les racines ayant pris dans le mur.

Turfan-Expedition 1902-1914 Aufnahmeort- Xinjiang, Chine (Land)

nature

« Les fléaux physiques, et les calamités de la nature humaine ont rendu la Société nécessaire. La Société a ajouté aux malheurs de la Nature. Les inconvénients de la Société ont amené la nécessité du gouvernement, et le gouvernement ajoute aux malheurs de la Société. Voilà l’histoire de la nature humaine ».  Nicolas Chamfort, Pensées, maximes, anecdotes – LXVII

Jardin d'ogives lactiques

Jardin d’ogives lactiques

Les Trois Désastres

« Le trésor était à sec. Nous avions, au 1er février, pour solder la guerre universelle, trente millions, en papier. Le milliard voté n’était pas levé. Au fond de la caisse, on mit la Terreur. »  (J. Michelet, Histoire de la révolution. Livre X. Chapitre IV. — Mouvement du 10 mars 1793. – Tribunal Révolutionnaire).

en quelque endroit inconnu et hors du monde

« c’est comme ça que les ruisseaux, les torrents, les fleuves se forment… je me disais avec émotion. Des masses d’eau qui gonflent petit à petit et attirent et puis englobent avec la force croissante de leur avancée d’autres masses d’eau plus petites qui descendent le long de la montagne abrupte, alors que d’autres se perdent, ça et là, sans avoir eu la force de se transformer en ruisseaux, en torrents, en fleuves. Des ruisselets identiques en apparence, qui se sont formés comme ça, en quelque endroit inconnu et hors du monde, là où personne ne peut les voir, et qui sortent ensuite lorsqu’ils sont déjà gros, impétueux, creusant leur lit dans les gorges des montagnes, dans les vallées et puis dans les grandes plaines, et personne ne peut plus les arrêter… »

Antonio Moresco, La petite lumière, p 57. Col. « Terra d’altri », éd. Verdier

tintinnabuli

habillée d’ombres, éclose en fin de nuit, tombée le matin, close, absente au midi

Suivre

Recevez les nouvelles publications par mail.

Rejoignez 40 autres abonnés